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De nombreux noms de sièges trouvent leur origine au XVIIIe siècle. Le vocabulaire mobilier de cet époque est un des plus riche et en même temps des plus imprécis qui soit. Chaque forme, chaque profil donnait alors lieu à une nouvelle appellation. C’est ainsi que des noms comme la baigneuse, l’ottomane, la causeuse ou encore le canapé en corbeille désignent des meubles aux grandes similitudes.

D’autres noms sont plus anciens encore, comme la « chayère » du moyen âge, devenue la chaire, puis la chaire à bras est aujourd’hui non pas la chaise mais le fauteuil.

Si l’on consulte des ouvrages que l’on peut considérer à juste titre comme étant des références en la matière, on peut constater fréquemment des divergences sur certaines appellations.

Aux cours de mes années d’enseignements et au fil de mes recherches dans ce domaine, j’ai eu de nombreuses occasions d’être confronté à certaines particularités de ce vocabulaire et de ses contradictions.

Cette liste n'est bien entendu pas exhaustive, elle sera complétée prochainement.  

Voire également "selon Roubo".

   Banc

Long siège non rembourré, avec ou sans dossier permettant à plusieurs personnes de s’asseoir côte à côte. Historiquement le banc figure dans le mobilier du XVème siècle, souvent placé devant la cheminée.
Au XVIème siècle le banc fut muni d'un dossier mobile qui pouvait basculer pour changer le sens de l'usage du banc, ces bancs étaient appelés banc tournant ou tournis. Avec le rembourrage, le banc deviendra la banquette.

Le banc est un siège primitif  formé de planches grossièrement assemblées. Breugel l'Ancien l'a immortalisé dans son célèbre "Repas de noce". 

A l'époque gothique, il est parfois très richement sculpté, quelque fois munis de coussin qui en augmente le confort.   
Cabriolet.

Un siège au dossier en cabriolet présente un dossier cintré destiné à mieux épouser la forme du dos. Par opposition au dossier «à la Reine». Cette forme apparaît au milieu du XVIIIème siècle. Fauteuil léger apparu au milieu du XVIIIème siècle, dont le dossier de forme convexe épouse la forme du dos.
Sous Louis XV, le dossier du cabriolet est de forme violonnée, puis prend les formes en vogues aux époques suivantes. 
Le fauteuil en cabriolet, comme son homonyme la voiture, correspondent tous deux à la définition étymologique du cabri et de ses sauts en cabrioles. La voiture cabriole sur les pavés et les routes grossières de l'époque tandis que le fauteuil est déplacé fréquemment de part et d'autre de la pièce en fonction des besoins s'opposant ainsi aux sièges précédents, lourds et disposés à demeure le long des murs.       
   
    Caquetoire.

Premier spécimen de la chaise à bras, XVIe siècle. Généralement en noyer, avec siège de forme trapézoïdale et dossier haut et étroit.

Chaise à bras du XVIème siècle dont le dossier est élevé et l'assise le plus souvent de plan trapézoïdal. L'emplacement habituel de la caquetoire était près de l'âtre où l'on pouvait s'y installer pour y caqueter à son aise.

On peut considérer que la caquetoire est de ce point de vue l'ancêtre de la chauffeuse. La caquetoire disparaît pendant la première moitié du XVIIIème siècle, pour renaître sous une forme moderne au XXème siècle par charles-Rennie Mackintosh.   
 Chaire.

Siège très architectural en bois sculpté, symbole de la majesté. La chaire fit son apparition au Moyen Age et continua sa carrière jusqu’au début de la Renaissance.

Ce siège d'apparat est réservé au seigneur du Moyen-Age. L'assise est constituée d'un coffre auquel on a ajouté un dossier et des accotoirs. La chaire symbolise le pouvoir et l'autorité de l'époque, elle fait office de trône. La chaire est parfois surmontée d'un petit toit appelé dais. 

La nom chaire vient de « cathédra » qui signifie siège, qui deviendra par la suite chaise, puis chaise à bras et enfin fauteuil. 
   
   Chauffeuse :

Chaise basse à haut dossier.
De l’époque Régence à nos jours.

Son nom évoque sa fonction, l’assise basse situe son occupant près du feu, le dossier haut et cambré tient le dos au chaud à l’abri des courants d’air.   
Confident.

Siège de salon à deux places imaginé dans la deuxième moitié du XIXème siècle, le plus souvent Napoléon III dont le plan est en forme d’S compose de 2 fauteuils accolés et inversés.
Deux personnes sont ainsi vis-à-vis et peuvent converser confidentiellement.  
  
   Duchesse :

Lit de repos ou chaise longue à dossier à bois apparent. La duchesse meuble les intérieurs dès l’époque Louis XV.

Se dit aussi d’un lit à la mode à la fin du XVIIème siècle dont le baldaquin, important, surplombe le lit sans appuis autres que ceux du chevet.  
Duchesse brisée.

Chaise longue à dossier cintré, très à la mode entre 1745 et 1780. Lorsque ce meuble a plusieurs parties, il s’appelle « duchesse brisée ». C’est une bergère qui constitue le chevet.

Le reste comporte un pied à dossier beaucoup plus bas et un pouf intermédiaire s’il y a trois éléments. Le pied est plus allongé lorsqu’il n’y a que deux éléments  
 
    Gondole.

Qualificatif de certaines bergères ou sièges au dossier creux très arrondi se fondant avec les accotoirs ou la ceinture caractérisant certains sièges Louis XVI, Empire et Restauration puis Art Déco.

Désigne aussi une petite table généralement circulaire avec un pied central   
Indiscret :

Sa forme en hélice à trois pales permet à trois personnes de prendre place.

La troisième personne pouvant être considérée comme « indiscrète. ». C’est ce qui lui a donné son nom par comparaison avec le confident. Style Napoléon III. Bois recouvert.   
  
  Marquise :

Sorte de fauteuil ou bergère à bois apparent, à dossier bas, large et profond.

Ce siège a été créé au XVIIIème siècle. C’est en fait une bergère de plus grande largeur nécessitée par la mode des robes à crinoline de cette époque.   
Ottomane.

Grand siège, né vers 1730, à dossier concave dont le retour dessine deux demi-cercles à l’aplomb des pieds antérieurs.

Ce nom, emprunté à l’Orient au XVIIIème siècle, désignait d’une façon générale le canapé-corbeille.   
  
   Ployant       

Petit tabouret pliant, au XVIIIème siècle il était parfois très richement exécuté, doré et recouvert de soieries. 

Le ployant était d’un usage courant à la Cour sous le règne de Louis XIV.  
A la Reine   

Se dit des sièges au dossier plat dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle et adoptés pour son usage par la reine Marie Leczinska.

Cette forme de dossier devient courante sous le règne de Louis XVI.

Les fauteuils à la Reine sont destinés à être disposés le long d'un mur par opposition au cabriolet qui avec son dossier concave est utilisé au centre de la pièce. 
  
   Sultane

Canapé Louis XV, dont les accotoirs présentent des enroulements très prononcés mais ne possédant pas de dossier. Appelé également canapé « à la turquoise »   
Voyelle.

Siège né au milieu du XVIIIème siècle, doté d’un dossier garni d’une manchette sur laquelle s’accoudaient les spectateurs d’une partie de cartes, assis sur le siège à califourchon, la poitrine contre le dossier.   
  
   Voyelle de dame (ou voyeuse à genoux) :

Sorte de « prie-Dieu » mais destiné à une utilisation de salon.

Elle permettait aux dames, ne pouvant s’asseoir à califourchon, de s’agenouiller et de s’accouder pour assister à des jeux de société.   

D'autres informations sur les sièges dans la rubrique "selon Roubo".


     
Boudeuse
Cabinet (fauteuil de)
Causeuse