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Sur cette page, quelques sièges illustrent les étapes importantes de l'évolution du sièges. Dans le choix de la séléction, la priorité à été de choisir les innovations liées au confort plutôt que dans les formes ou les décors. (cette page est toujours en construction).

Antiquité égyptienne

Les premiers témoignages de l'existence de sièges en Egypte datent de 2'600 ans avant notre ère. 

Cette chaise  d'apparat date de 1300 à 1400 avant Jésus-Christ. Déjà, par la forme incurvée du dossier, on constate la recherche du confort, qui est augmenté en plus par une assise tressée de cordelettes.  

Le dossier est incrusté d'ivoire, le piétement est constitué de jarret de lion terminé d'une patte à cinq griffes et orienté dans le sens de la marche.

Chaise d'apparat, musée du Louvre, Paris  
              
Antiquité grecque

Sur bas relief, on peut constater que la recherche esthétique était également très importante chez les Grecs.

Les techniques utilisées s'apparentent à celles des Egyptiens, Les assemblages sont réalisés avec des tenons et des mortaises, consolidés par des chevilles.

Le rembourrage est réalisé par des sangles de cuir sur lesquelles repose un coussin garni de fibres végétales. Nous pouvons observer également que le coussin est muni d'une finition décorative à l'arrière confirmant ainsi s'il en était besoin, le sens esthétique très poussé des Grecs 

Le dossier, comme ne le montre pas ce document, est incurvé afin d'offrir un confort optimal, le cintre qu'il forme permet au dos d'être bien soutenu lorsque que l'on s'y appuie.
Antiquité romaine

Les fresques de Pompéi nous ont laissé des témoignages importants de la vie à l’époque romaine. De nombreuses scènes étaient ainsi illustrées sur les murs des demeures de l’époque.

On peut constater sur ce document que le tournage, déjà pratiqué par les Grecs,  est également utilisé dans la construction des sièges romains. 

Les sièges romains sont indissociables des lits puisqu’ils constituent le meuble central de la vie romaine. On s’en sert pour recevoir et converser, pour manger et bien sûr aussi pour se reposer. 

A cette époque le confort est toujours apporté par des coussins disposés sur des lanières tressées ou de cuir.
Epoque gothique

Le siège typique du Moyen-Age est la chaire. Ce meuble imposant  dont l’assise est très haute est fait le plus souvent de chêne. Il est parfois surmonté d’un dais, sorte de petit toit qui lui donne un air encore plus solennelle.  

Son décor est fait de panneaux sculptés qui imitent soit des parchemins plissés (bas du siège) ou des arcatures évoquant les vitraux des églises de cette époque (dossier sur la photo).

Le confort est parfois apporté par un petit coussin posé sur l’assise.

Parfois un autre petit coussin appelé « carreau » est posé devant le siège  afin d’isoler l’occupant du froid des sols de terre cuite de l’époque. 

La chaire est réservé au chef de famille.
Renaissance française
La Renaissance en France apporte de profondes modifications dans l’habitat. Les richesses sont visibles dans les intérieurs particulièrement soignés de cette époque. 

La chaire à bras, illustrée ci-contre, marque une étape capitale dans l’évolution du siège. C’est l’apparition des premières garnitures rembourrées fixées directement sur le châssis de siège. Le désagrément du coussin d’assise qui glisse est ainsi oublié.

Malgré la forme encore très rigide de la structure du siège, le dossier droit et l’assise haute (les pieds de l’usager repose généralement sur un gros coussin), le modèle ci-contre invite au repos. Ce cap décisif dans la recherche du confort est  accompagné d’autres évolutions comme l’élévation de la traverse antérieure et un allègement spectaculaire de ce siège qui devient véritablement mobile.   

On peut donc considérer que le métier de tapissier, c’est-à-dire le garnisseur de siège que l’on connaît aujourd’hui, trouve son origine à ce moment.
Style Louis XIII
A l’époque Louis XIII, la recherche du confort dans les sièges, aboutit naturellement par une garniture qui s’épaissit et gagne en importance. 

Toujours dans le but d’augmenter le confort d’utilisation, le dossier s’incline ver l’extérieur et le siège est beaucoup plus bas. Les accotoirs sont incurvés dans leurs partie centrale. Ces modifications importantes dans la morphologie globale du siège apportent un soutien beaucoup plus naturel et plus propice au repos.

Pour l’anecdote, on peut imaginer qu’il devient possible de s’assoupir dans ce genre de fauteuil sans avoir peur de chuter.

Nous pouvons encore observer la manière particulière d’orner de broderies les surfaces rembourrées un peu à la façon des pointes de diamants si fréquentes à cette époque.

Fauteuil du Maréchal d'Effiat     
























Style Louis XIV

Sous Louis XIV, le siège devient pièce d’apparat, il est utilisé à la Cour selon des usages très stricts en fonction du rang et du titre de noblesse. 

Le fauteuil « en gaine », illustré ci-contre, est révélateur de l’importance accordée au mobilier d’apparat : très riches sculptures, dimensions imposantes, dorures à la feuille, somptueuses soieries et riches passementeries de finitions.

La forme a relativement peu changé par rapport à l’époque précédente, les garnitures sont identiques. D’une manière générale, on peut observer une plus grande inclinaison des dossiers, ce qui le rend encore plus accueillant pour y somnoler mais moins confortable pour y tenir une
conversation. 
Epoque Régence

Sous la Régence, les sièges ne sont plus les symboles de l’expression exclusive de la noblesse, mais traduisent plutôt le goût pour les belles choses et la richesse de leurs propriétaires. 
Pour ces raisons, de nombreux fauteuils sont luxueusement décorés, de très fines sculptures  ornent les bois, des tons délicats sont en harmonies  avec les tissus et les lézardes de finitions. 

Les dimensions redeviennent à taille humaine, les dossiers se redressent légèrement afin d’offrir une position plus naturelle. Les structures s’allègent afin de rendre les sièges plus mobiles pour pouvoir converser.

La position des supports d’accotoirs est reculée afin de laisser une place suffisante pour les imposantes robes à panier des dames en faveur à cette l’époque.

Le fauteuil ci-contre est garni sur châssis mobiles, ce qui était fréquent au XVIIIe siècle. Cela permettait de disposer de plusieurs jeux en fonction des saisons ou des évènements particuliers comme des fêtes ou mariages.


Style Louis XV
Le fauteuil à la reine, siège typique des intérieurs sous Louis XV, est muni d’un dossier plat par opposition au cabriolet qui lui est cintré.

Cette forme était adaptée à son usage qui le destinait particulièrement à être aligné le long des parois. La plupart du temps, le tissu utilisé pour la finition de l’extérieur de dossier était une simple toile à carreaux car dans sa disposition habituelle, il était impossible de voir cette partie du fauteuil. Cette particularité présente un double avantage, d’une part une économie importante de tissus particulièrement onéreux compte tenu des techniques de tissage des soieries de l’époque, d’autre part lors du changement de tissu, il n’était pas nécessaire de déposer le dossier puisque le tissu est fixé à l’intérieur du bois.

Comme ce fauteuil était destiné à meubler les parois, il était le plus souvent peint dans les mêmes tons que les boiseries ou les lambris.

Fauteuil à la reine éstampillé J.-B. Tillard
Epoque Transition

Dès les années 1750, avec les découvertes des sites de Pompéï et d’Herculanum, la mode à l’antique refait son apparition.

Le fauteuil à la reine, ci-contre, illustre parfaitement cette période dont les formes ont toujours les courbes de l’époque Louis XV alors que le décor est résolument néo-classique. La ceinture est sculptée d’entrelacs, les supports d’accotoirs sont ornés de chapelets de piastres et de feuilles d’acanthe.  L’ensemble du décor est rigoureusement symétrique.

Les sièges Transition sont très variés, malgré leur apparence hybride ils ont une grande personnalité.
Georges Jacob est le principal instigateur du retour au classique dans le mobilier. 
Style Louis XVI

La production de Georges Jacob est déterminante dans l’évolution des sièges de la deuxième partie du XVIIIème siècle.

Le fauteuil ci-contre (appelé fauteuil Jacob) est typique avec son dossier carré.

Après les sinuosités de la rocaille, retour aux lignes droites. Les sièges Louis XVI sont géométriques, rigides mais d’une grande finesse d’exécution et très élégants.

Presque tous les décors sont issus du répertoire gréco-romain. Les supports d’accotoirs retrouvent leur place dans le prolongement des pieds antérieurs, mais une courbe élégante permet de conserver le retrait nécessaire au confort d’assise des dames aux robes somptueuses.
Styles Restauration

Voici un bel exemple de fauteuil de la première partie de la Restauration, l’époque Charles X.

La caractéristique essentielle de cette période est l’usage très courant de bois clair. Les décors sont incrustés de bois sombre qui contraste avec le fond. Ces décors incrustés prennent la place qu’avaient auparavant les bronzes dorés de l’Empire. Les motifs décoratifs sont fréquemment semblables à ceux de l’Empire également : palmettes, rosaces, etc..

Ce siège est recouvert d’une tapisserie aux motifs inspirés de l’Antiquité.

La période de Louis XVIII verra le retour de l’usage des bois sombres.
Art Nouveau

Retour à la nature avec les formes du mobilier Art Nouveau. Les artisans de l’Ecole de Nancy innovent en créant des sièges dont les structures sculptées adoptent une lignes très souple.

La chaise ci-contre, avec sa forme particulièrement « molle », reprend le thème aquatique des marais avec  des tiges flottants entre deux eaux.

Les chaises, au dossier généralement très haut, sont de formes presque systématiquement asymétriques pour faire plus naturel.

Les artisans créateurs avaient déjà réalisé au début du XXème  siècle, des meubles que l’on aurait pu imaginer moulés en plastique.
Art Décoratifs
Les années folles sont caractérisées par une abondance de luxe et de richesse. Les sièges de cette époque interprètent cette tendance autant au niveau de ses formes généreuses que des matériaux très précieux qui sont utilisés.

Cette bergère gondole avec son dossier à tranches est particulièrement représentative de cette tendance. Elle allie une forme élégante à un tissu de valeur (velours mohair), eux-mêmes servis par un travail très exigeant du tapissier. 

C’est peut-être un des premiers sièges alliant véritablement un réel confort à une ligne esthétique d’une élégance sobre.

Bergère gondole
Fonctionnel

L’époque de l’entre deux guerres va modifier fondamentalement les schémas établis depuis plusieurs siècles. Les meubles et même de nombreux sièges sont alors dessinés par des architectes dont un des plus éminent est Le Corbusier à qui l’on doit son célèbre fauteuil « LC/3 Grand Confort ».

Paradoxalement, alors que ces architectes prônent le dépouillement du fonctionnalisme, ce siège s’appuie tout de même sur des valeurs traditionnelles de rembourrage.

Seul le dessin est dépouillé du superflu. Des lignes pures, des surfaces lisses de cuir et un résultat évoquant le cubisme alors en tête du renouveau artistique. 

Fauteuil LC/3, Grand Confort